Le Qi Gong

« Dès que vous rendez la disponibilité à votre corps, vous vous rendez disponible au monde autour de vous… »

 

Le Qi Gong est une méthode prenant  en compte l’homme dans son ensemble, une combinaison de méditation, respiration et de mouvements corporels qui deviennent un dans la pratique.

Accessible à tous, à tout âge de la vie, à la fois gymnastique du souffle et art du mouvement,  le Qi Gong renforce les capacités vitales des différents organes, recherche la souplesse des muscles et des articulations, équilibre l’énergie interne tant sur le plan physique que psychique.

Le Qi

« Le Qi est matière que l’on ne peut voir comme l’air est matière qu’on ne voit pas »  Laozi (Lao-Tseu) 5e  S. av. JC

Présent partout, il se renouvelle sans cesse par l’énergie qu’il puise dans l’air, les organes de la respiration et de la digestion. Il libère les substances qu’il contient dans l’organisme, circule le long des méridiens et pénètre chaque cellule du corps.

« Grâce aux méridiens,  tout dans l’homme est lié ensemble, formant une unité… Ils maintiennent l’équilibre du yin et du yang. Ils triomphent des maladies, égalisent le « vide » et le « plein », le disponible et le non disponible »

(Nei  Jing)

Gong

Moyens et discipline que l’on se donne pour induire la circulation du Qi.

D’où vient-il ?

C’est une discipline de la médecine traditionnelle chinoise dont l’origine remonte à l’empereur Huang Di (plus connu sous le nom « d’empereur jaune ») qui  vécut de 2698 à 2598 av. JC.

Le Nei  Jing (ouvrage célèbre d’acupuncture) relate l’enseignement du médecin Qi Bo à l’empereur qui se souciait de la santé de ses contemporains, s’inquiétait de les voir «déjà affaiblis à 50 ans »… et se demandait si ce n’était pas de leur faute…

… « Les anciens… étaient modérés dans leur alimentation et réglés dans leurs activités. Ils évitaient le surmenage, se gardaient de détériorer leur corps et leur esprit,… Les gens d‘à présent n’agissent plus de même… ils se livrent à leurs penchants, vont à l’encontre des vraies joies de la vie, s’agitent sans mesure et se fatiguent prématurément… »

Autre allusion faite dans ce livre : « On doit respirer l’essence de la vie, régulariser sa respiration pour préserver son esprit et garder les muscles relaxés… »

D’autres preuves ont été apportées de l’intérêt pour les exercices du corps et pour la respiration. Un texte de 168  av.  JC écrit sur de la soie et retrouvé  lors de fouilles récentes montre des exercices de gymnastique thérapeutique « Dao Yin » pratiqués par des femmes et des hommes jeunes et vieux. Certaines figures montrent des mouvements - qui seront décrits plus tard - imitant les 5 animaux.

Inspiré par l’exemple de la nature, Hua Tuo (110 - 207 av. JC) inventa le Wu Qin Xi ou « jeu des 5 animaux » qui imite les mouvements du tigre, de l’ours, du cerf, de l’oiseau, du singe.                   

Ces mouvements ne sont pas que des mimes. Ils associent au « travail interne », le « travail du souffle » (Nei Gong en chinois). Ainsi la méthode des cinq animaux était déjà considérée comme un travail sur les trois trésors : le Jing, le Qi et le Shen : l’essence, le souffle et l’esprit. Ces exercices sont des preuves les plus anciennes  d’une pratique élaborée des exercices physiques. Ils sont donc un des premiers exemples d’une méthode qui  trouve des applications à la fois en médecine et en art de combat. En Chine le Qi Gong constitue un des fondements des arts martiaux.

Les techniques de gymnastique énergétique du Qi Gong étaient utilisées dans le but de prévention pour aider les moines comme les laïcs à conserver et améliorer leur santé, tonifier le corps et le rendre robuste, pour ralentir le vieillissement, pour développer la longévité, pour ouvrir aux techniques spirituelles, mais aussi pour les aider à protéger leur vie contre les nombreux dangers qui guettaient les pèlerins, les contemplatifs et les simples quidams en ces époques troublées de la Chine ancienne.

Son évolution

Elle est marquée par l’influence de quatre écoles : taoïste, confucianiste, bouddhiste et médicale. De nombreux échanges ont eu lieu entre ses différents courants développant de nombreux styles. Le Qi Gong en art martial a des rapports avec chacune de ces écoles.

Pratiqué par plus de 50 millions de chinois, le Qi gong s’est perpétué en Chine jusqu’à ce jour en raison de ses bienfaits. Lors de la révolution culturelle, le Qi Gong avait été proscrit car faisant partie du « patrimoine culturel de la Chine ». Il est actuellement utilisé dans de multiples  instituts de médecine chinoise traditionnelle. Pratiqué également par de nombreux sportifs, musiciens et artistes  pour améliorer leurs performances,    il fait aussi l’objet de recherches scientifiques importantes dans le domaine de la santé.

« En occident, depuis quelques années, le Qi Gong suscite beaucoup d’intérêt au sein du corps médical, son action sur le stress et l’anxiété sont connus depuis longtemps, mais l’on se rend compte qu’il a aussi un effet positif dans les maladies cardio-vasculaires, les rhumatismes, l’équilibre, la concentration ….. explique le Dr Yves Réquéna, médecin acupuncteur qui forme des professeurs de Qi Gong depuis vingt ans.  Dans le cancer, le Qi Gong ne se substitue pas à la chimiothérapie  ou à la radiothérapie mais il permet de mieux les supporter, car il stimule la vitalité et l’immunité. Il contribue aussi à réduire l’anxiété qui accompagne cette maladie. Pratiquer une heure par jour à la suite d’un traitement classique réduirait le risque de récidive. Des essais cliniques ont été effectués dans différentes pathologies. Les plus convaincants semblent montrer une diminution des effets indésirables de la chimiothérapie dans le cancer du sein ainsi qu’une diminution de l’hypertension artérielle. En Allemagne, le Qi Gong est remboursé par le Sécurité Sociale à hauteur de 200 € par an dans le cadre de la prévention…. (Que Choisir santé n° 21). »

La pratique

Elle s’inscrit dans la recherche initiale du lâcher-prise (Fang song)  et débute par le « réveil du Qi » au travers d’automassages, de mouvements divers et de prise de conscience  posturale et respiratoire.

Si lors de la pratique la respiration naturelle libératrice des tensions est toujours de mise, des respirations spécifiques accompagnent la majorité  des Qi Gong. Elles affinent la perception interne et l’efficacité du geste sur les différents organes.

Les mouvements, lents, en harmonie avec le souffle sont  toujours  guidés par l’intention mobilisatrice de l’énergie,  la recherche de la détente et de l’esthétique.

Il existe de multiples formes de Qi Gong  :  très anciens ou plus proches de nous. Généraux ou sollicitant un organe en particulier ils portent chacun l’empreinte de leurs créateurs : sportifs, éducateurs, médecins, artistes, guerriers…  Les 8 pièces de brocard (ou 8 trésors) créées par le Maréchal yue Fei  qui désirait améliorer la santé de ses soldats a été transmis de génération en génération depuis plus de 800 ans…

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